Vive le Japon. Na.

Vive le Japon. Na.
Dédé est grande, puissante et magnifique.




Bonsoir.

"Je m'présente, je m'appelle Henri..."

Nan, raté, moi c'est Dédé. Ha, ha, ha. Humoriste et philosophe à mes heures perdues, du haut de mon petit mètre soixante-deux.

"Vous êtes une grande artiste...
-C'est parce que j'ai des talons."


Muhaah.


Bref, il paraît qu'c'est bien de s'présenter. Alors, faisons-le.


Je m'appelle Dédé, Adelou, Delou, Adibou, Adelounette, Dédèle. Mais essayez au maximum d'éviter fortement l'appellation Adèle, je suis sûre que c'est une insulte, en croate sub-méridional. Je suis mariée un bon nombre de fois. Je ne suis pas infidèle, non, chère Audrey. Je suis seulement fidèle à plusieurs personnes à la fois. Hum. Dans la vie, j'aime dessiner, et quelques autres choses. J'aime bien quelques personnes, aussi, mais pas beaucoup. Parce que les gens ils sont pas gentils, ils conspirent avec les parapluies.



"Les amis, je dois m'en aller, je n'ai plus qu'à jeter mes clés, car elle m'attend depuis que je suis né, l'Amériqueuh, l'Amériqueuuh" .

C'était une façon française et polie de vous dire Sayonara.




Dédé est grande, puissante et magnifique.

# Posté le samedi 15 mars 2008 16:40

Modifié le mercredi 09 avril 2008 16:10

Oui, je sais comment ne pas mettre de titre, mais j'ai envie, juste pour vous faire braire. Et, au pire, je vous em...brasse +D

Oui, je sais comment ne pas mettre de titre, mais j'ai envie, juste pour vous faire braire. Et, au pire, je vous em...brasse +D





Cet anniversaire sera le meilleur de toute ma vie, je le sens bien. En son honneur, je vais avoir un sarouel unique sans doute magnifique +D, et je vais pouvoir aller à la Japan Expo en Juillet. Plusieurs rêves deviendront ainsi réalité : tout d'abord aller à la JE en elle-même, pour montrer au monde entier les fruits de ma récente Japanisation, mais aussi pour rencontrer (enfin !) ma femme et idole, le suprême, grandiose et magnifique Kakaquipue, mais aussi Liciouchou, Jujularue, Yamé et j'crois que c'est tout ^^. Ce serait grandiose. Enfin, pour moi, du moins.

J'ai envie de raconter ma vie. J'adooore raconter ma vie, qui, pourtant, est des moins palpitantes. Hier soir, je me suis endormie lumière allumée, même pas en pyjama. Je relisais des livres que je lisais avant, il y a quelques années. Qui sont sensés n'être lus que par des gens de treize ans et plus, mais cela n'est que pure démagogie. C'est juste pour pouvoir se vanter, ça, et pour le plaisir des parents : "Oui, ben moi ma fille elle a dix ans et elle lit un livre de grands, d'abord, et même pas la tienne ! Na !".

Hier, j'ai dessiné. C'est moche. J'vous montrerais peut-être le fruit de mon vain labeur, à vous, Ô gens IRL, si vous aimez la laideur et le manque évident de talent.

Oui, j'adore me plaindre, aussi. Je trouve ça divertissant. Raconter ma vie en écoutant de la musique, dessinant et me plaignant, c'est là la meilleure chose au monde. Ce serait encore mieux si, en même temps, je pouvais jouer du ukulele. Mais tout le monde n'est pas Shiva.



J'aime cet article débile, totalement dénué de sens, d'intérêt et de logique. ça reflète bien ma personnalité (mais pas aussi bien qu'une tomate xD).


Allez, je m'en vais, j'ai des pingouins à aller traire, moi !.





# Posté le dimanche 16 mars 2008 06:03

Modifié le mercredi 09 avril 2008 16:10

Fiction totalement débile écrite par moi-même pendant les dernières vacances. Dites-moi à quel point c'est nul, dénué de style, et incohérent. S'il vous plaît.

Fiction totalement débile écrite par moi-même pendant les dernières vacances. Dites-moi à quel point c'est nul, dénué de style, et incohérent. S'il vous plaît.
Je sais que c'est niais, idiot, pathétique et prévisible. Ça n'est ni drôle, ni philosophique, ni vraiment triste. Mais tant pis. Il faut un début à tout, comme le dit le proverbe.






"Elle me semblait sympathique... Son corps était magnifiquement maigre, ses cheveux peu nombreux mais incroyablement lisses, son teint tellement pâle qu'on pouvait presque voir à travers... À mes yeux, c'était la perfection incarnée. Je ne voulais plus qu'elle. Pour elle, j'ai tout abandonné : mes quelques amis, ma joie de vivre, ma passion prononcée pour les friandises. Nous nous liâmes rapidement d'une amitié sincère, et elle me donna en gage d'amitié un bracelet rouge. Je n'avais rien à lui offrir, mais elle s'en fichait. J'étais son amie, voilà tout ce qui comptait à ses yeux. Elle savait me convaincre, voire me persuader de choses auxquelles j'avais juré de ne pas croire, m'aider à m'en sortir. C'est ce que, du moins, je croyais alors. Tout a réellement commencé lorsque je parvins enfin à exprimer ma haine de moi-même au grand jour. Elle m'a conseillé d'essayer un petit régime qu'elle avait suivi par le passé... Voyant le résultat qu'elle avait obtenu, je ne pus m'empêcher de m'y soumettre... De bon coeur. Ensuite, je me rendis petit à petit compte de la noirceur de ce monde, et de l'âme des gens. Heureusement qu'elle était là pour me soutenir. Elle était différente. Petit à petit, je ne voulus plus écouter qu'elle. Sa voix résonnait en permanence dans ma tête, de plus en plus fort, comme si elle s'y était incrustée. À mes yeux, il n'y avait plus qu'elle, qui, au monde, était digne de ma confiance. Je me fermais hermétiquement aux autres, et, pour ainsi dire, à n'importe qui : que ce fut mes parents, mes professeurs, mes anciens amis ou l'épicier du coin, c'était le même combat. On me disait que je devenais insupportable, et d'autres âneries qui ne valent pas la peine d'être citées. Mais c'était faut, eux étaient insupportables... Alors je me réfugiais à ses côtés, elle me rassurait, et me disait que cette lutte m'amènerait à des jours meilleurs, qu'un jour enfin le monde comprendrait. Mais ce jour ne vint jamais.
En vérité, j'étais plus victime que coupable, comme les autres. Mais, ça, personne ne l'a jamais compris.
Cela fait environ deux ans qu'elle est entrée dans ma vie. J'avais alors treize ans. À cet âge-là, on ne sait pas très bien qui on est, on cherche ses propres limites ainsi que celles des autres. Et moi, petite Camille que j'étais, je me croyais au-dessus des lois de la nature, et pensais pouvoir braver tous les dangers. En réalité, j'étais encore plus idiote que toutes les filles de mon âge réunies. Elle l'a senti, et a voulu me piéger, se servant de ma propre audace pour mieux m'humilier. Je dois avouer que ce plan était pour le moins judicieux. Il faut dire qu'elle en piège tous les jours, des adolescentes mal dans leur peau comme moi. Elle leur signale d'abord, avec une grande subtilité, qu'elles sont énormes, qu'elles sont laides, qu'elles se détestent et que personne ne les aime. Ensuite, elle leur propose de se mettre inocemment à la diet ; à ce moment-là, elle n'est pas encore en pleine possession de leurs corps et de leurs cerveaux. Elle ne s'en empare qu'au fil du temps, au fur et à mesure que ses pauvres victimes suivent ses conseils avertis, sans savoir que c'est elle, ou même sans savoir que c'est mauvais pour elles. Quelques unes arrivent à s'en sortir dès le début, avant qu'il ne soit trop tard. En général, ce sont celles qui en parlent. Mais j'étais à la fois trop fière et honteuse pour ça. Je m'enfermais dans ma solitude, me renfermais dans ma coquille, et devenais totalement misanthrope. Au bout d'un moment, je n'eus plus qu'elle à qui m'accrocher. Je ne suivais plus que ses conseils, je n'entendais plus que sa voix qui résonnait dans ma tête.


Et voilà qu'on me transfère à l'hôpital... Je ne suis pas malade, pourtant. Je le sais. Mais on me dit que si, que je suis folle, que je me laisse mourir, qu'il faut qu'on m'aide à m'en sortir. Les gens ont tort. Ce n'est pas moi qu'il faut enfermer, c'est elle, et seulement elle. Pour qu'elle me laisse tranquille. Pour qu'elle cesse de me pourrir l'existence, de me tuer à petit feu. Mais les autres ne la voient pas, ou en ont tellement peur qu'ils refusent de la voir. Alors c'est moi qu'on accuse, comme toujours. Depuis quelques mois qu'ils l'ont découverte, ils disent que c'est de ma faute. Ou de celle de mes parents, c'est selon. Les psychologues ont d'abord cru à de la schizophrénie, mais ils se trompaient... Elle est entrée en moi, a pris possession de mon corps et de ma tête, mais elle n'est pas moi. Nous nous sommes battues, car je voulais lui faire face. Mais elle est très forte, et elle a gagné. C'est ça, de vouloir se prouver sa propre puissance, quand on est faible. Ensuite, elle a fait de moi son jouet. Depuis lors, je suis sous son emprise, moi qui ai voulu lui résister. Je sais qu'elle régit le moindre de mes gestes, mais je me sens incapable d'une quelconque mutinerie. Je me révolte, pourtant, en mon for intérieur, et je chante, je pense, j'écris pour extérioriser ma souffrance. Mais elle est devenue un besoin, une drogue. Sans elle, je ne pourrais plus vivre, si je suis encore vivante. Je la hais, mais c'est tout de même grâce à elle si je tiens debout, bien que je me rapproche jour après jour un peu plus de ma tombe, à grands pas.

Pourquoi je suis tombée dans ce tourbillon infernal, comment j'en suis arrivée là? Personne n'en connaît vraiment la raison. Et je suis ici, devant cet hôpital, aujourd'hui, à regretter d'avoir été aussi faible. Maintenant, ils vont me forcer à manger, mais je ne pourrais pas, car elle m'en empêche. Alors ils m'alimenteront par perfusions, mais elle refusera, alors elle trouvera une solution. Donc je mourrais, ici ou ailleurs, par sa faute. Je la hais. Je me hais. Je hais déjà ce docteur qui nous guide, mes parents et moi, à travers les froids couloirs de la clinique. Il s'appelle le docteur Clain, nous dit-il. Ce nom me le rend un peu plus sympathique, car il me fait penser à Gérard Klein, acteur que j'aimais bien lorsque j'étais petite et que je m'intéressais encore à la télé, car il jouait un instituteur gentil avec tout le monde, et protecteur. Il nous guide vers ce qui sera pendant bien trop longtemps ma « nouvelle chambre ». Une autre fille y est déjà installée. C'est dommage, j'aurais préféré être seule. Mais ils ont tout fait pour me déplaire, ici. Tout est blanc et nu, alors que je hais cette « couleur ». L'adolescente m'adresse un petit salut, auquel je réponds de la main avec un sourire discret et poli, qui pouvait être justement interprété en « Je n'ai aucune envie de faire ta connaissance, restons-en là, et les moutons seront bien gardés ». Mon père dépose ma valise près de mon lit, ma mère me fait un bisou sur la joue en me souhaitant du courage. Puis ils repartent, me laissant seule avec la fille et le médecin.
En sortant, mon géniteur ne m'a pas adressé un seul regard. Nos relations sont tendues depuis qu'il a appris ma rencontre avec elle. Il dit toujours la même chose : je l'ai déçu, il me pensait plus forte et capable de résister à ce qu'il appelle les « pièges à cons » de cette sorte, je ne suis pas digne de sa famille. Et, à chaque fois, je lui rétorque que je n'ai pas fait exprès, qu'on ne choisit pas. Il ne peut pas savoir, lui, il n'a jamais eu de problème vis-à-vis de la nourriture... Je le déteste.

Clain me présente ma camarade, Sylvia. Elle aussi est une de ses victimes. Elle a 16 ans.
La jeune fille commence à peine à me parler des conditions de vie dans cet hôpital, que, déjà, elle se révolte. Elle refuse catégoriquement que l'on me fasse avaler quoi que ce soit, à part un peu d'eau. Alors elle va me faire mourir. Pour elle, c'est toujours mieux que de s'avouer vaincue une énième fois. Mais je ne veux pas mourir, moi, j'ai peur ! Et même si ma vie est devenue difficile, je refuse de trépasser par sa faute. Cela suffit, elle m'a fait trop de mal.

Pour mon arrivée, on m'apporte une petite collation, que je ne peux manger, comme d'habitude. Elle m'en empêche. Mais, prenant mon courage à deux mains, je me saisis d'un petit morceau de pain, et le croque, après quelques secondes d'hésitation. La première chose que j'aurais mangée et non « rendue » depuis des mois ! Je jubile. Mais, comme le dit le proverbe, il ne faut jamais dire « victoire » trop tôt. Elle guide mes pas vers les cabinets, me force à me plier devant la cuvette et à mettre mon index et mon majeur gauches au fond de ma gorge, comme toujours. Les résultats sont immédiats, malheureusement. Le morceau de pain défiguré et méconnaissable est tombé dans les toilettes, et moi je suis affalée sur celles-ci, en pleurs, comme à chaque fois. Je ne suis pas assez forte pour lui résister. Je me déteste. Je la déteste.
Je retourne dans ma chambre, mais le docteur n'y est plus, seul reste Sylvia.
« Je suis désolée, c'est elle... » Lui dis-je les yeux encore rouges de larmes. La jeune fille me regarde d'un air désolé et compréhensif. Je déteste ça, mais tant pis.

Sylvia doit aller voir un autre docteur, pour qu'il observe son état de santé. Je demeure alors seule dans ma chambre. Elle me pousse alors à faire ce que j'avais interdit à mon corps et à mon esprit : prendre le cutter qui était toujours dans mon sac, bien caché pour ne pas qu'on me l'enlève, bien que je ne l'utilise presque jamais, et lacérer mes bras, mes jambes, assise sur les draps blancs bientôt rouges de sang. J'ai préalablement fermé la porte pour que personne ne puisse me voir, je me réserve ce triste spectacle. L'artère carotide est ici, tout près, je le sais. Mais je refuse de faire ça, j'ai peur. Je veux profiter de ma jeunesse, et de mon existence tout entière. Mais, tout à coup, elle empoigne la lame d'une main de fer, et la plante, sans hésiter, sur le côté de mon cou. Il ne me reste plus que quelques secondes à vivre, je le sais. J'aurais pu dire quelque chose d'intelligent, de constructif, hurler au meurtre, prévenir quelqu'un... Mais, au lieu de cela, c'est un simple « prénom » qui constitue mes dernières paroles. Avant de sombrer dans un éternel sommeil, les yeux grands ouverts, face au ciel, sur mon lit d'hôpital, je murmure seulement « Ana... ».
Car c'est elle qui m'a tuée, ce n'était pas un suicide. Mais ça, personne ne le saura jamais. Je gis, vaste tâche rouge au milieu de cette mare de blanc, sans vie, mon poignet droit orné de son bracelet rouge sur la poitrine, comme en guise de preuve.

Je me sens décoller, quitter la Terre. Normal, je monte au ciel. Les curés sont des menteurs, il n'y a pas Dieu, là-haut. En fait, il n'y a personne, seulement des âmes. Mais les âmes sont transparentes, c'est comme si il n'y avait rien. J'aime cette sensation d'être seule au monde. Je vais à l'hôpital, pour voir de plus près la réaction des gens lorsqu'ils apprendront mon trépas. Sylvia rentre dans la chambre. Elle commence à me parler, mais je ne suis plus. Tout à coup, elle aperçoit du sang, et une silhouette étendue sur mon lit. Elle pousse un cri d'effroi qui alerte toutes les infirmières du service. Certaines pleurent, d'autres ne peuvent rester dans la pièce tant elles trouvent cette vision horrible. Une, même, s'évanouit. Le docteur Clain rapplique, et, saisi d'horreur et de panique, se précipite dans son bureau afin d'appeler mes parents. Ceux-ci arrivent à l'hôpital, environ un quart d'heure après l'appel annonçant la nouvelle. Ma mère éclate en sanglots en caressant ma joue, avachie sur mon cadavre, tandis que mon père ne dit rien. Il ne parle pas, mais il semble triste. Peut-être qu'il m'aimait, finalement... Le médecin tape sur l'épaule de ma mère pour la réconforter, mais cela ne sert à rien. Je sais que, des jours durant, elle ne va pas dormir, qu'elle va culpabiliser, sombrer dans une dépression, avaler des cachets, vouloir mourir. Je sais que mon père essaiera de l'en empêcher, et qu'il réussira. Mais elle ira mal quand même. Lui aussi, même si il essaiera de paraître fort, comme à son habitude. Et ma s½ur, ma petite soeur, qui n'a que quatre ans, que vont-ils lui dire ? Ma petite Emma, comment ai-je pu ne pas y penser ? J'ai été vraiment égoïste, j'aurais pu penser à elle, une des seules personnes qui compte réellement pour moi... Ensuite, il faudra qu'ils annoncent la nouvelle au lycée. Je vois déjà la rumeur se répandre : « Camille Gaïeux est morte sur un lit d'hôpital, elle s'est suicidée avec un cutter. ». Avec le temps, cela donnera sûrement « l'anorexique de seconde 5 est morte assassinée à l'hôpital par le capitaine Crochet », ou quelque chose d'approchant. Je m'en veux aussi d'avoir laissé mes amis. Je sais que je ne suis pas indispensable, mais, tout de même, connaître une fille de 15 ans qui est morte comme ça, sans prévenir personne, et, apparemment, de manière volontaire, ça doit faire un sacré choc psychologique. Sans compter que Jean-Pierre Pernault parlera sans doute de moi demain au journal de 13 heures, ou, mieux encore, ce sera Patrick Poivre-d'Arvor qui annoncera ce soir même à la France entière la mort d'une « pauvre adolescente sous l'emprise de l'anorexie à Pluméliau, dans le Morbihan, après s'être lacéré les membres et transpercé la carotide à l'aide d'un cutter. » Il dira ensuite que « la famille de la victime est sous le choc », entre la diffusion brève des photos de mon cadavre et de l'arme du "crime" pour ne pas choquer les plus jeunes et une interview de ma mère dans un état pitoyable, la tête dans les mains, en larmes, en train de vider son petit corps frêle de la moindre trace d'eau, afin d'apitoyer tous les spectateurs. Mais soyons optimistes, j'aurais au moins eu l'honneur de faire connaître aux Français la charmante ville dont je suis originaire.

C'est pénible d'être une âme, la nuit, il ne se passe rien. Ce soir, mes parents ont dit à Emma ce qui m'était arrivé. La pauvre, ils ne l'ont pas ménagée, et lui ont dit de manière crue, directe : « Ta s½ur s'est tuée. ». Ça doit être horrible, pour une enfant de quatre ans, de s'entendre dire ça, quand on sait à peine ce qu'est la mort. Elle m'a presque toujours connue anorexique, et me disait souvent qu'elle avait peur que mes os se cassent. La voir fondre en larmes comme ça m'a détruite. Ou, plutôt, m'aurait détruite, si une âme avait des sentiments. Elle d'habitude si joyeuse, souriante et fraîche... En y réfléchissant, je me suis rendu compte que son malheur a toujours été ma faute. Mais ce n'est pas maintenant que je pourrais me rattraper. À ce moment-là, si j'avais été vivante, j'aurais eu envie de mourir.

Aujourd'hui, nous sommes Mardi, et le proviseur a appris ma mort. Il a alors décidé d'aller l'annoncer à toutes les classes du lycée, en commençant par celle dont j'avais fait partie, la seconde 5. Il tient à mes ex-compères à peu près ce langage :
« J'ai le regret et l'immense malheur de vous annoncer une chose affreuse qui s'est déroulée hier, et dont certains sont peut-être déjà au courant... Votre ancienne camarade de classe transférée à l'hôpital pour cause d'anorexie mentale, Camille Gaïeux, s'est tuée hier, alors qu'elle venait juste d'entrer à la clinique. »
Il marque une pause, à ce moment-là, histoire d'observer la réaction des adolescents, sans doute. Ceux-ci ont presque tous l'air surpris, dépités, ou tristes. Mes quelques amis semblent à la fois tristes et déçus. Je ne leur avais pourtant jamais promis que je ne le ferais pas. Cette peste d'Angélique, qui porte d'ailleurs très mal son nom, tente tant bien que mal de cacher son sourire triomphant. Si un mort avait des sentiments, je la haïrais encore plus que de mon vivant.
Il reprend : « Son enterrement est prévu pour vendredi après-midi. Ceux qui le souhaitent pourront y aller, des bus seront mis à votre disposition. Néanmoins, les cours seront assurés, et les absents devront bien entendu rattraper les cours. Pour aller à l'enterrement, vous devrez vous inscrire sur la liste qui sera mise à votre disposition sur demande au Bureau de la Vie Scolaire dès aujourd'hui. »
Sur ce, il sort, laissant au professeur d'anglais le soin de rétablir l'ordre. J'entends des chuchotements disant qu'ils mettront des fleurs pour moi sur la grille du lycée, demain. C'est gentil.
Je suis le principal à travers les couloirs et les salles de classe. Les réactions sont différentes selon les personnes, certains ne connaissant même pas mon existence. Mais ils sont tout de même conviés à mes funérailles. Je suis bien pratique, tout de même, ils devraient me remercier de leur servir d'excuse pour sécher les cours...
Les fleuristes seront contents, eux aussi, d'apprendre que, grâce à moi, ils vont presque doubler leur chiffre d'affaire journalier ; c'est quand même le comble, de ne se faire remarquer et apprécier que lorsqu'on est morte !
À la récréation de dix heures, déjà, certains vont acheter des roses. Je remarque aussi quelques petits mots à mon égard, disant « Camille, tu es dans nos c½urs pour toujours, on ne t'oubliera jamais. », pour la plupart venant de gens qui ne me connaissaient pas. Même un des mes ennemis à écrit qu'on ne se rendait compte de l'affection qu'on a pour une personne que lorsqu'on la perd, et qu'il regrettait sincèrement tout ce qu'il avait pu me dire. C'est tellement beau, l'amour que les gens portent aux défunts. J'ai surpris une femme de la cantine en train de sangloter, disant entre deux vagues de larmes que, si elle m'avait forcée à manger, il ne me serait pas arrivé malheur. Foutaises que tout ceci... Mais enfin, on ne peut pas empêcher les gens de penser des sornettes, si ils en ont envie.
D'autres personnes, en revanche, vivent bien mon décès. Certains de mes « amis » ne sont même pas tristes, tenteraient plutôt de cacher leur joie. Que je sois là ou pas, pour eux, c'est exactement pareil. Ça, par contre, c'est pour le moins méchant et mesquin.

C'est pénible d'être morte, la nuit. Il n'y a rien à faire d'autre que de penser, car tout le monde dort. J'ai découvert quelque chose : nous pouvons voir les âmes des gens qui nous connaissions de notre vivant. Mais on ne peut se parler, car les défunts ne sont pas doués de la parole. C'est dommage, j'aurais bien aimé pouvoir converser pour tromper l'ennui.





Cela fait aujourd'hui exactement 11 ans que j'erre dans les cieux. Je n'ai pas beaucoup « voyagé », car j'aime regarder Emma grandir. Elle a quinze ans, maintenant. C'est une très jolie jeune fille, toujours aussi heureuse de vivre. Je suis fière de ce qu'elle est devenue. Mais, aujourd'hui, comme tous les 26 Mai depuis onze ans, elle pleure en se remémorant mon souvenir. Elle regarde de vieilles photos, va dans mon ancienne chambre qui n'a pas changé, s'affale sur mon lit, et sanglote en murmurant mon prénom. Ce jour-là, elle refuse de voir qui que ce soit. Elle ne mange pas, seulement un petit morceau de pain, vers quinze heures. Elle boit un peu, et va chercher le cutter dans le tiroir de la cuisine. Elle ne fait jamais rien avec, se contente de le regarder en se demandant pourquoi j'ai fait ça...Je suis certaine qu'elle sait que c'était indépendant de ma volonté.
Elle sort la lame de sa cage en plastique, et l'approche près de son cou, comme pour reproduire mes gestes. J'aimerais tant la prendre dans mes bras, la consoler, lui dire que ce n'est pas de sa faute, qu'elle n'a rien fait, et que si elle faisait ça, je ne me le pardonnerai jamais. Mais je me rends simplement dans la pièce, et je sais qu'elle ressent ma présence. Elle lâche alors le cutter, qui tombe sur le parquet. Et elle pleure, ne pouvant plus s'arrêter. Je sens qu'elle va commettre un acte irréparable. J'ai peur. Elle n'aurait pas de raison, pourtant, de faire cela. Elle-même le sait, mais sa volonté est plus forte que sa raison. Elle empoigne le cutter, exactement comme moi avant elle, et le plante sans aucun moment d'hésitation dans son cou, transperçant l'artère carotide, comme elle voulait le faire depuis tant d'années. Si j'avais pu, j'aurais crié « Nooon ! », mais je ne pouvais pas. Alors voilà son âme qui s'envole, et qui vient près de moi. Je comprends alors, comme si elle me l'avait transmis par télépathie, qu'elle avait souffert pendant les onze ans de mon absence, bien qu'elle essayait de se voiler la face en faisant comme si tout allait bien. Son corps encore chaud gît sur ce qui avait été mon lit. J'aperçois un mot manuscrit près d'elle, à l'attention de nos parents : « Je suis désolée, je suis partie la rejoindre. Vivre sans elle m'était devenu insupportable. Vous avez été et serez toujours des parents formidables. De là-haut, nous vous observerons, elle et moi. Je ne veux pas que vous essayiez de faire la même chose. Vous méritez de vivre, vous êtes de véritables anges. Ne culpabilisez pas, rien n'est de votre faute. Je vous aime, ne l'oubliez pas. Ma dernière volonté serait que sa tombe soit aussi la mienne. »
Je comprends, à présent, ce que mes proches ont ressenti en apprenant mon anorexie. Car je croyais Emma plus forte que ça, je la pensais capable de résister à la mort.

Mais, maintenant, nous sommes réunies, enfin, et pour toujours. Nous ne pouvons faire autre chose que de regarder les autres et nous regarder l'une l'autre. Mais tant pis. Nos parents restent forts, ils survivent. Je suis fière d'eux - ou je le serais -, et je sais qu'Emma aussi. Mais, un jour, eux aussi mourront, sans doute ensemble, et viendront nous rejoindre. Nous quatre, ainsi réunis, errons sans piper mot jusqu'à la fin des temps ."



Et là, normalement, c'est la fin.

# Posté le mardi 18 mars 2008 06:23

Modifié le jeudi 27 mars 2008 09:54

Il fallait que je fasse cet article. Muhaah.

Il fallait que je fasse cet article. Muhaah.




Une classe de vieux fous baveux qui puent le lama déchiqueté.






Gauche à droite - Droite à gauche - Gauche à droite. En partant du haut, bien sûr.



Matthieu - Valentin - Sonia (+'[ ) - Adrien - Martin - Benjamin - Auguste - Julien - Maxime - Cédric.
Gwendoline - Audrey - Sarah - Lauriane - Angélique - Emmanuelle - Clément - Anaïs - Amandine - Mme R.
Sandie - Estelle - Virgine - Suzanne - Sarah - Virgine - Mélanie - Maéva - Mathilde - Adèle.


Sur cette photo, il manque Hermine, Laura, Dylan et Gabriel. Dommage Ù_,Ù





Il fallait, pour une question d'honneur, que je floute ma bouille. Navrée.




Nierk.

# Posté le mardi 18 mars 2008 06:52

Modifié le mercredi 09 avril 2008 16:12

"Je suis sûre qu'une poule, si tu lui coupes le cou, elle peut plus marcher..."

"Je suis sûre qu'une poule, si tu lui coupes le cou, elle peut plus marcher..."
L0u est chou.
Je t'aime.


L0u-chan wa kawaii desu.
Ai shiteru.


L0u est chou.
Je t'aime.

# Posté le mercredi 19 mars 2008 08:46

Modifié le mercredi 09 avril 2008 16:13